Il y a deux questions que le Cadre de l’ÉMERGENCE pose simultanément :
- La première est comment votre organisation gère-t-elle l’énergie entre faire tourner ce qui existe et construire ce qui la fera tourner demain ? C’est la question du Diagnostic TOM.
- La seconde : comment votre organisation est-elle structurée pour permettre ou empêcher cette dynamique ? C’est la question du Diagnostic Organisation Design.
Ces deux lectures sont complémentaires. Elles ne se recoupent pas et c’est pourquoi leur croisement révèle des choses qu’aucune des deux ne peut dire seule.
Pourquoi j’utilise les archétypes et pourquoi pas n’importe lesquels
C’est un raccourci anthropologique et sémantique, mais en gros le concept d’archétype vient de Jung. Il désigne des structures universelles qui organisent nos comportements, nos récits, nos façons de décider. On les retrouve dans la psychologie analytique, dans le coaching de leadership, dans le branding, dans le travail des scénaristes… Chacun les utilise pour des raisons différentes.
Leur force est réelle : ils condensent des dynamiques complexes en images mémorables. Ils donnent un langage commun là où les concepts techniques créent de la distance.
Leur limite est tout aussi réelle : ils peuvent figer ce qu’ils cherchent à décrire. Dire « nous sommes tel archétype » peut fermer la conversation plutôt que l’ouvrir. En marketing ou en conseil, les archétypes peuvent servir à simplifier abusivement ou à influencer sans le dire.
Le Cadre de l’ÉMERGENCE utilise les archétypes avec une intention précise et des garde-fous clairs.
L’intention : donner un langage partagé entre le dirigeant, ses équipes et le consultant. Pas un label. Pas un destin. Un point de départ pour une conversation qui n’aurait pas eu lieu sans lui.
Les garde-fous : les Empreintes du cadre ne hiérarchisent pas. Aucune n’est supérieure à une autre. Elles décrivent un fonctionnement à un instant T, dans un contexte donné. Une organisation peut changer d’Empreinte. Elle peut en combiner deux. Le portrait n’est jamais définitif.
Ce que le cadre ne fait pas : enfermer une organisation dans une case, prescrire un changement d’Empreinte, ou garantir quoi que ce soit. Il révèle un pattern. Ce qu’on en fait appartient à ceux qui vivent dans l’organisation.
Un vocabulaire commun : 6 empreintes organisationnelles
Le Cadre de l’ÉMERGENCE utilise un vocabulaire unifié à travers tous ses diagnostics. Ce vocabulaire s’appelle les Empreintes organisationnelles. Il y en a six.
Ces Empreintes sont des miroirs, des portraits à un instant T, dans un contexte donné.
Empreinte Socle : l’organisation qui protège ses fondamentaux. Sa force : fiabilité et continuité. Ses excès : rigidité et résistance au changement.
Empreinte Bâtisseur : l’organisation qui conçoit et structure. Sa force : vision et rigueur. Ses excès : sur-design et déconnexion du terrain.
Empreinte Pionnière : l’organisation qui explore et expérimente. Sa force : agilité et innovation. Ses excès : dispersion et incapacité à stabiliser ce qui marche.
Empreinte Alliance : l’organisation qui fonctionne par la qualité des liens. Sa force : solidarité et engagement. Ses excès : surcharge et incapacité à dire non.
Empreinte Vigie : l’organisation qui surveille et protège. Sa force : prudence et anticipation. Ses excès : sur-contrôle et paralysie décisionnelle.
Empreinte Catalyseurs : l’organisation qui avance grâce à l’énergie de quelques moteurs. Sa force : dynamisme et sens. Ses excès : dépendance aux individus clés jusqu’à leur épuisement.
Ces six Empreintes apparaissent dans le Diagnostic Stratégique, le Diagnostic TOM et le Diagnostic Organisation Design. Ce choix est délibéré. Une organisation ne change pas de nature selon l’angle sous lequel on la regarde. L’Empreinte se manifeste dans sa stratégie, dans son modèle opérationnel et dans sa structure sous des formes différentes, mais avec la même signature.
Lire la même Empreinte à travers trois diagnostics différents, c’est confirmer un pattern. Voir des Empreintes différentes selon les diagnostics, c’est détecter une incohérence. Les incohérences sont souvent là où se trouvent les vraies informations.
C’est précisément ce que fait le croisement des Empreintes qui émergent des Diagnostics TOM et OD.
Quand les deux diagnostics racontent la même histoire
Parfois, le Diagnostic TOM et le Diagnostic OD convergent. L’Empreinte est la même, ou très proche. Ce que l’organisation fait et comment elle est construite vont dans le même sens.
C’est ce qu’on appelle la Cohérence.
Mais la cohérence n’est pas toujours confortable. Une organisation Socle × Socle avec RUN solide en circuit fermé, structure fermée et stable est cohérente. Elle maîtrise son quotidien mais elle risque de s’y enfermer. La forteresse est solide. Elle n’est pas ouverte.
À l’opposé, une organisation Pionnière × Pionnière avec un équilibre RUN/BUILD, une structure alignée est la condition la plus favorable à la transformation durable mais pas sa garantie. La question n’est plus « peut-on transformer ? » mais « vers quoi prioriser le BUILD ? »
Une organisation Alliance × Alliance tient par la solidarité de ses équipes. C’est une force réelle. C’est aussi une charge invisible : on compense jusqu’à l’épuisement de ceux qui la portent, sans que personne ne l’ait décidé, sans que personne ne l’ait vu venir.
La cohérence dit simplement que les deux dimensions parlent le même langage. Ce que ce langage dit peut être une force ou un signal d’alerte. C’est pourquoi on doit toujours lire l’Empreinte dans son contexte.
Quand les deux diagnostics disent des choses différentes
Souvent, les deux Empreintes divergent et c’est là que les informations les plus précieuses se cachent.
La Proximité, c’est quand les deux Empreintes sont différentes mais compatibles. L’une peut compenser les angles morts de l’autre. Une organisation Pionnière × Vigie : TOM équilibré, OD prudent, avance. Elle avance lentement mais sûrement, parfois trop prudemment. Le pipeline de transformation est actif. Les opportunités sont parfois manquées par excès de validation. La question clé : quelle décision de transformation a pris trop de temps à valider cette année ?
La Tension, c’est quand les deux Empreintes tirent dans des directions qui se freinent. L’organisation dépense de l’énergie à compenser une incohérence structurelle. Ce n’est pas critique mais c’est coûteux. Une organisation Socle × Catalyseurs a des porteurs de transformation qui opèrent sur une base RUN fermée. Ils ont l’énergie. Ils n’ont pas l’espace. La question : nos porteurs de transformation ont-ils les conditions pour réussir ?
La Tension critique, c’est quand les deux Empreintes s’opposent. Ce que le modèle opérationnel cherche à faire, la structure l’empêche. Inversement. Une organisation Socle × Vigie : RUN en circuit fermé, structure de contrôle est la combinaison la plus résistante au changement. Chaque projet de transformation se heurte à la fois au RUN absorbant et aux gardes-fous organisationnels. Ce n’est pas une condamnation. C’est un signal. La question : quel signal extérieur pourrait nous forcer à évoluer et attend-on qu’il arrive ?
Trente-six portraits. Une seule question derrière chacun.
Le croisement des 6 Empreintes TOM et des 6 Empreintes OD produit 36 combinaisons. Chacune a un nom. Chacune a un signal dominant et chacune porte une question que le Diagnostic 360° pose au dirigeant.
Ces questions ne sont pas rhétoriques. Elles pointent précisément là où la tension entre le modèle opérationnel et la structure organisationnelle produit le plus de friction ou libère le plus d’énergie.
Voici quelques portraits qui reviennent souvent dans les PME et ETI françaises.
La Cathédrale vide : Bâtisseur × Bâtisseur. Projets ambitieux, structure inadaptée, rien n’atterrit. Le BUILD existe sur les slides. La structure ne peut pas le porter. Les équipes terrain voient les projets passer sans les vivre. Pourquoi nos projets de transformation ne changent-ils pas le quotidien des équipes ?
Les Projets sans sol : Bâtisseur × Socle. BUILD ambitieux sur une structure figée. Les projets sont bien conçus mais la structure cloisonnée ne peut pas les absorber. Le RUN est instable. La dette organisationnelle s’accumule. Combien de projets avons-nous lancés ces deux dernières années qui n’ont pas atterri ?
La Solidarité sous contrôle : Alliance × Vigie. Le lien humain est fort mais les gardes-fous organisationnels freinent les initiatives collectives. Tension entre confiance et contrôle. Le collectif s’auto-censure par anticipation des refus. Qu’est-ce que nos équipes voudraient proposer mais ne proposent pas ?
Les Accélérateurs bien ancrés : Catalyseurs × Pionnière. Les catalyseurs opèrent dans une structure mature et équilibrée. L’énergie de transformation est là, la structure peut la recevoir, le RUN ne l’étouffe pas. Profil de fort potentiel. Risque unique : changer trop vite sans laisser les équipes assimiler. Comment s’assurer que le rythme de transformation reste absorbable pour tous ?
La Double prudence : Vigie × Socle. Contrôle opérationnel maximal et structure fermée. La combinaison la plus difficile à faire évoluer. L’organisation performe aujourd’hui dans un contexte stable. Elle sera vulnérable au premier choc. Quel signal extérieur nous ferait réaliser qu’on a attendu trop longtemps ?
Trente-six Empreintes croisées
Cliquez sur une case pour afficher le résulat
| TOM OD | Socle | Bâtisseur | Pionnière | Alliance | Vigie | Catalyseurs |
|---|
Ce que ce croisement ne dit pas
L’Écart Empreinte TOM × OD ne dit pas ce qu’il faut faire. Il dit où l’énergie se perd ou se libère.
Il ne dit pas non plus qu’une Empreinte est meilleure qu’une autre. Une organisation Socle × Socle dans un marché stable et prévisible n’a rien à changer. La même organisation dans un marché en rupture a tout à revoir. Ce n’est pas l’Empreinte qui pose problème. C’est l’adéquation entre l’Empreinte et le contexte.
C’est pourquoi le Cadre de l’ÉMERGENCE ne prescrit pas de changer d’Empreinte. Il aide à comprendre ce que l’Empreinte actuelle permet et ce qu’elle empêche.
La transformation vient de cette compréhension. Pas d’une injonction externe à changer.
Comment lire votre Écart Empreinte
Dans le Diagnostic 360°, l’Écart Empreinte TOM × OD est calculé automatiquement. Il produit un profil, un niveau de tension et une question clé calibrée sur votre combinaison.
Quatre niveaux : Cohérence · Proximité · Tension · Tension critique.
Ce n’est pas une note. C’est une carte. Elle indique où la conversation doit commencer entre le dirigeant, le consultant et les équipes.
La matrice complète des 36 combinaisons est intégrée au Diagnostic 360° ÉMERGENCE. Chaque organisation reçoit son portrait, son signal dominant et sa question clé dans son rapport.
Le Diagnostic TOM et le Diagnostic Organisation Design sont accessibles gratuitement sur coesor.fr. Le Diagnostic 360°, qui croise les quatre lectures, est disponible en formule Self-Service à partir de 264€ HT.
Cet article a été rédigé dans le cadre de la démarche personnelle de Jacky MALGRAS (Coesor), dédiée à l’alignement stratégique et organisationnel des PME et ETI françaises, sans s’y limiter.
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